dimanche, janvier 29, 2017

Une défaite qui fait mal pour Steven Butler

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Publié le 29 janvier 2017 à 10h14 | Mis à jour à 10h14
Steven Butler s'est fait passer le K.-O. par Brandon... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)
Steven Butler s'est fait passer le K.-O. par Brandon Cook, samedi au Centre Bell.
PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE
La Presse Canadienne
Frédéric Daigle
Steven Butler disait cette semaine qu'il se voyait champion du monde d'ici les 18 à 24 prochains mois. Cet objectif vient d'être révisé de façon drastique.
L'aspirant no 8 à la ceinture de l'International Boxing Federation (IBF) s'est fait passer le K.-O. par Brandon Cook (18-0, 11 K.-O.) au septième round de leur combat d'unification des titres nord-américains de l'IBF, détenu par Butler (18-1-1, 15 K.-O.) et de la North American Boxing Association (NABA), qui appartenait déjà à l'Ontarien.
Cette défaite - et ses conséquences - n'est pas sans rappeler le revers qu'avait subi David Lemieux, un autre protégé d'Eye of the Tiger Management, dans son combat éliminatoire face au Mexicain Marco Antonio Rubio, en avril 2011.
Comme Butler, Lemieux s'était incliné par K.-O. technique au septième round de ce combat. Comme Butler, il s'agissait d'une première défaite pour lui, qui survenait alors qu'il ne se trouvait qu'à un ou deux combats d'un championnat du monde.
« On va lui laisser un peu de temps pour avaler la défaite. Ce n'est pas facile, c'est une première pour lui, a analysé Camille Estephan, président d'EOTTM après le combat présenté samedi, devant plus de 5500 spectateurs au Centre Bell. Quand on trace des parallèles avec ce qui est arrivé à David, c'est pratiquement identique. Dans le cas de David, c'est le coin qui avait arrêté le combat et dans ce cas-ci, au sixième, moi j'y pensais. Je regardais le coin pour voir ce qu'ils allaient faire. Il y a plusieurs choses qui sont très similaires. On espère que la suite des choses le soit également. On va travailler en ce sens. »
Lemieux avait également perdu son combat suivant et il avait dû patienter plus de quatre ans avant de finalement livrer un premier combat de championnat du monde, pour un titre vacant, face à Hassan N'Dam. Quatre ans, deux mois et 10 combats. C'est possiblement ce qui attend Butler.
« On ne peut que travailler de notre mieux chaque jour, a ajouté Estephan. C'est arrivé auparavant à plusieurs grands champions de subir des défaites. Une défaite aujourd'hui, ce n'est pas la fin du monde, ce n'est pas comme avant. Nous ne sommes pas dans la boxe pour battre le record de Rocky Marciano. 
« C'est arrivé avant, avec Bermane Stiverne. Il a remonté la pente. C'est arrivé aussi à David Lemieux. Il a remonté la pente. Je pense que Steven est un gars avec beaucoup de caractère, beaucoup de talent. Il va apprendre là-dedans. Il est certainement capable de le faire. »
Évidemment, dans le ring, Butler a immédiatement réclamé un combat revanche. Ça ne risque pas d'arriver de sitôt, a prévenu son promoteur et gérant.
« Certainement pas tout de suite. Je veux que Steven apprenne avant. Dans le ring, il me disait : ''Je veux une revanche tout de suite''. De notre côté, on veut s'assurer que la prochaine fois, Steven ne rate pas son coup. 
« On a pris un challenge pour Steven, pour lequel on pensait qu'il était prêt. Il va falloir qu'on regarde tous ensemble ce qui s'est passé. Ça avait l'air d'être un manque d'énergie. Il boxait bien. Il a été capable de faire mal à Cook en plusieurs occasions. Mais Cook, c'est quand même un cinquième au monde. On le savait. »
S'il est évidemment déçu de la tournure des événements, pas question pour Estephan de blâmer l'officiel Marlon B. Wright.
« Steven était très déçu. Il ne croyait pas que le combat avait été arrêté. Il voulait un moment pour récupérer, car il s'était remis debout. C'était la fin du round, mais l'arbitre a arrêté le combat. Je suis d'avis qu'il a bien fait. Je crois qu'à un si jeune âge, il faut protéger le boxeur. Mais il a la volonté et le caractère ; peut-être qu'il aurait pu se reprendre. Ça ne valait toutefois pas le risque. Je suis heureux de la décision de l'arbitre. »
Et pas question pour Estephan de modifier sa philosophie, qui consiste à donner à ses boxeurs des défis de taille chaque fois qu'ils montent dans le ring.
« Absolument pas. Auriez-vous mieux aimé voir un Hongrois classé 246e ce soir ? C'est ça l'intégrité de la compétition. Je ne peux pas manquer d'intégrité envers moi-même, nos boxeurs et nos partisans. Ce sont nos boxeurs qui risquent tout. Il faut avoir un équilibre dans les choses. S'il avait été déclassé ce soir, je dirais que nous sommes dans l'erreur. Ce n'est pas le cas. Il a perdu un combat serré. Au final, son manque de maturité physique aura fait la différence. »

Roger Federer remporte son 18e titre du Grand Chelem

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Publié le 29 janvier 2017 à 07h19 | Mis à jour à 08h36
Roger Federer n'avait pas gagné de tournoi majeur depuis... (PHOTO DAVID GRAY, REUTERS)
Roger Federer n'avait pas gagné de tournoi majeur depuis Wimbledon en 2012.
PHOTO DAVID GRAY, REUTERS
FRANÇOIS BONTOUX
Agence France-Presse
MELBOURNE
Près de cinq ans qu'il n'avait pas gagné un trophée majeur... l'incroyable Roger Federer a parachevé son retour au premier plan en remportant dimanche, à l'âge de 35 ans, son 18e titre du Grand Chelem aux Internatinaux d'Australie, au terme d'une superbe finale contre son vieux rival Rafael Nadal, en cinq sets 6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3.
La déception était visible sur le visage de... (Photo Dita Alangkara, AP) - image 1.0
La déception était visible sur le visage de Rafael Nadal.
PHOTO DITA ALANGKARA, AP
Roger Federer a versé quelques larmes juste après la... (PHOTO OHOTO WILLIAM WEST, AFP) - image 1.1
Roger Federer a versé quelques larmes juste après la balle de match.
PHOTO OHOTO WILLIAM WEST, AFP
Le Suisse a réussi nombre d'exploits dans sa carrière, la plus fructueuse de l'histoire du tennis, depuis son premier succès à Wimbledon il y a 14 ans. Mais celui-ci tiendra une place à part dans sa légende, à plus d'un titre.
Il n'est pas banal de remporter un tournoi du Grand Chelem à 35 ans : Federer est le deuxième joueur le plus vieux à y parvenir dans l'ère professionnelle après l'Australien Ken Rosewall dans les années 70.
Il n'est pas facile non plus de continuer à croire en soi-même après une aussi longue période de disette. La dernière fois qu'il avait soulevé un trophée majeur, c'était à Wimbledon en 2012. À Melbourne, personne n'avait attendu plus longtemps que lui entre deux titres, son quatrième datant de 2010.
Le plus époustouflant est d'y parvenir dès son premier tournoi officiel de l'année, après s'être arrêté pendant six mois, de juillet à janvier, pour soigner une blessure au genou.
« Quand nous nous sommes vus à ton académie à Majorque il y a trois ou quatre mois, on n'aurait pas pensé qu'on se retrouverait ici ! », a lancé le Suisse à son adversaire, qu'il laisse à quatre titres majeurs de lui (18 à 14).
Avec la manière
Federer a gagné avec la manière. Bien obligé ! car en tant que tête de série N.17, son classement le plus bas depuis seize ans, il a eu un parcours extrêmement escarpé. Il est le premier champion de Grand Chelem à battre quatre top 10 en route vers le titre (Tomas Berdych, Kei Nishikori, Stan Wawrinka et Rafael Nadal) depuis 35 ans.
Comme rajeuni par sa période d'éloignement, il a parfaitement su profiter de l'élimination précoce des deux patrons du circuit ces deux dernières saisons, Novak Djokovic, double tenant du titre, et Andy Murray, N.1 mondial.
Que sa victoire ait été remportée aux dépens de Nadal la rend plus savoureuse encore car, toute sa carrière durant, l'Espagnol a été celui qui lui a le plus souvent barré la route. Il ne l'avait pas battu dans une finale de Grand Chelem depuis dix ans et la finale de Wimbledon 2007.
Federer, qui reste mené 6-3 dans ces matchs au sommet, a pris en particulier sa revanche sur la finale de 2009 aux Internatinaux d'Australie, perdue contre Nadal en cinq sets. Cette année-là, il avait ému le public en fondant en larmes pendant la remise des prix. Il en a de nouveau versé une petite après la balle de match, mais pas de la même nature.
La rencontre a été à la hauteur de la légende de ces deux champions : longue (3 h 38 min), intense, incertaine et spectaculaire.
Un cinquième set éblouissant
Le Suisse a joué par moments un tennis de rêve, multipliant les coups gagnants. Solide au service (20 aces), il a fait mal bien sûr avec son coup droit, mais aussi en revers, parfois son talon d'Achille contre Nadal.
Il a eu aussi quelques passages à vide et ce sont ses fautes qui ont permis au Majorquin de rester dans le match. C'est Nadal qui a d'ailleurs fait le bris le premier dans la cinquième manche, la plus éblouissante. Federer a été mené 2-0 et 3-1, puis il a marqué les cinq derniers jeux du match en retrouvant son tranchant du fond du court.
Peut-être l'Espagnol, revenant lui aussi après deux mois et demi sans compétition, a-t-il payé les cinq heures d'efforts nécessaires pour battre le Bulgare Grigor Dimitrov en demi-finale et le jour en moins qu'il a eu par rapport au Suisse pour récupérer.
« J'aurais été content de faire match nul ce soir et de partager le trophée avec Rafa », a dit le Suisse.

Stupeur et débordements au Centre Bell

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Publié le 28 janvier 2017 à 23h43 | Mis à jour le 29 janvier 2017 à 07h06
Quelques instants après sa défaite, le Montréalais Steven... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)
Quelques instants après sa défaite, le Montréalais Steven Butler s'est avancé sur son adversaire Brandon Cook pour lui assener une solide droite. Au même moment, un spectateur a lancé une chaudière remplie de glace sur les pugilistes.
PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE
GABRIEL BÉLAND
La Presse
Un gala de boxe a dégénéré samedi soir au Centre Bell quand des spectateurs fâchés d'une décision de l'arbitre ont lancé des bouteilles et un seau à glace sur la tête d'un boxeur ontarien. Une bagarre générale a même éclaté après la défaite surprise du Montréalais Steven Butler et la police a dû intervenir.
Cook (18-0, 11 K.-O.) a profité de son... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE) - image 1.0
Cook (18-0, 11 K.-O.) a profité de son expérience pour passer le K.-O. en toute fin de septième round à Butler (18-1-1, 15 K.-O.)
PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE
Quatre personnes ont été transportées à l'hôpital avec des blessures mineures, selon le SPVM. « Deux personnes sont présentement détenues et on essaye de faire la lumière sur les évènements », a expliqué l'agent Raphaël Bergeron tard samedi soir.
« Ce sont des évènements très, très navrants. On ne veut jamais voir ça dans le sport, a déploré le promoteur Camille Estephan, organisateur de la soirée. Il y avait beaucoup d'émotion dans l'air et ç'a dégénéré. Je suis désolé pour Brandon Cook qui a reçu un objet lancé de la foule. C'est inacceptable. C'est gênant. »
Butler affrontait samedi son plus dur adversaire en carrière devant 5500 spectateurs. L'Ontarien Brendan Cook, invaincu, avait attiré 500 fans venus de l'autre côté de la rivière des Outaouais. L'atmosphère au Centre Bell était survoltée.
Après un combat âprement disputé, Cook (18-0) a ébranlé son adversaire au sixième round. L'Ontarien a fini le travail au septième avec une combinaison à la tête qui a envoyé Butler au tapis. Butler s'est relevé. Mais l'arbitre Marlon Wright a mis fin au combat. C'était la première défaite du Montréalais (18-1), perçu comme un des plus beaux espoirs de la boxe québécoise.
Les choses auraient pu en rester là. Sauf que des spectateurs étaient furieux contre l'arrêt de l'arbitre. Ils se sont approchés du ring et ont lancé des bouteilles et au moins un seau à glace. Une bouteille a atteint Cook à la tête. Au même moment, selon Cook, Butler s'est approché et l'a poussé ou frappé. L'Ontarien s'est effondré sur le tapis, se tenant la tête.
« Il m'a poussé ou m'a frappé au moment où la bouteille m'a frappé, a dit Cook après sa victoire qui en a surpris plusieurs. Je me suis couvert dès ce moment. Je comprends que des gens proches de lui étaient déçus de la fin du combat, mais ça ne devrait pas arriver dans la boxe. Ça n'a pas sa place. J'ai travaillé vraiment fort pour réussir ce que j'ai fait ce soir. »
« Je ne sais pas si je reviendrais ici l'affronter. J'adore cette ville. C'est la meilleure ville pour la boxe au Canada. Mais je ne mérite pas de me faire frapper derrière la tête après une victoire. Steven Butler n'a pas des bons fans. »
- Brandon Cook
Simultanément, une bagarre a éclaté sur le parterre, des chaises ont été lancées, la situation a dégénéré. Les agents de sécurité ont couru dans tous les sens. Des policiers ont vite investi le parterre du Centre Bell.
« Je suis de l'avis que l'arbitre a fait la bonne chose, note Camille Estephan. Steven est jeune. Il aurait peut-être pu revenir dans le combat, oui. Mais il n'y avait pas de risque à prendre. Je suis content de la décision de l'arbitre. »
QUELLE SUITE POUR BUTLER ?
Steven Butler n'a pas rencontré les médias après sa défaite. Le boxeur est seulement âgé de 21 ans et cette défaite n'est qu'une embuche sur sa route, a assuré Estephan.
« Des défaites comme ça, c'est arrivé avant. C'est arrivé à Bermane Stiverne et il a remonté la pente et a conquis le championnat poids lourd, rappelle Estephan. C'est arrivé à David Lemieux et il a remonté la pente. Je pense que Steven est capable de faire pareil. C'est un jeune avec beaucoup de talent. »
Chose certaine Estephan n'envisage pas de combat revanche pour l'instant. « Je ne pense pas que ce serait l'idéal pour Steven », dit-il.
Le clan de Cook a quant à lui laissé entendre que certains fans montréalais venaient samedi soir de leur enlever le goût de revenir en ville...