lundi, mars 13, 2017

Anthony Auclair : un pas de plus vers le repêchage de la NFL?

http://www.rds.ca/football/nfl/

Anthony Auclair
Anthony Auclair (Source d'image:Christian Dufresne)

QUÉBEC – Après un Pro Day où les équipes de la NFL ont pu confirmer les qualités athlétiques et les connaissances football d’Antony Auclair, le dernier obstacle qui semble dans le chemin du produit du Rouge et Or pour le repêchage du circuit Goodell est hors de son contrôle.
Antony Auclair
Antony Auclair (centre) avec son frère Adam (droite) et son agent Sasha Ghavami (gauche).
En effet, la cuvée 2017 d’ailiers rapprochés est extrêmement relevée. Néanmoins, plusieurs des 17 formations de la NFL pensent tout de même qu’Auclair sera repêché.

« Il y a des équipes qui sont venues me voir après les exercices d'aujourd'hui (lundi) et elles m'ont carrément dit qu’elles croient qu’il sera repêché. Elles disaient qu’il a montré de belles choses et qu’il a connu une bonne journée. Ce n’est pas moi qui le dis... », a affirmé l’agent d’Auclair, Sasha Ghavami, au cours d’une mêlée de presse après le Pro Day  de son protégé.
L’encan amateur de la NFL est toutefois difficile à prédire parfois. Les équipes ne veulent aucunement dévoiler leur jeu pour ne pas que leurs adversaires voient clair. Par exemple, une formation qui n’a pas fait le voyage à l’Université Laval pour venir observer Auclair pourrait très bien le sélectionner lors du repêchage qui se tiendra du 27 au 29 avril prochain.
« Il ne faut pas oublier qu’Antony, il a le talent pour être sélectionné dans n’importe quel autre repêchage, mais peut-être pas celui-ci. On ne sait pas avec la profondeur [à la position d’ailier rapproché] du repêchage », a indiqué Ghavami qui se voulait prudent, mais qui a toutefois noté que plusieurs équipes aimaient le profil de son client.
Plusieurs signes positifs jouent en faveur d’Auclair. Durant son Pro Day, il a de nouveau prouvé qu’il était un bloqueur hors pair. Au cours des exercices prévus à cet effet, l’imposant athlète de près de six pieds six pouces et de 256 livres avait une technique presque parfaite et était très explosif dans ses blocs.
« Ce qui l’avantage un peu, c’est que c’est un ailier rapproché naturel, a fait remarquer le dépisteur des Rams de Los Angeles, Steve Kazor. Nous n’en voyons plus beaucoup dans la NCAA avec l’attaque en éventail (spread offense). On le voit par le nombre d’équipes qui se sont présentées ici aujourd’hui (lundi). »
Deux formations avaient d’ailleurs envoyé leur responsable du recrutement universitaire directement au PEPS, dont les Texans de Houston.
Selon Kazor, il est aussi très rare de voir autant de dépisteurs pour un Pro Day d’un joueur canadien. « Il y a parfois trois ou quatre dépisteurs. Ça vous montre l’ampleur de ce qu’il peut apporter », a-t-il déclaré. En comparaison, neuf équipes de la NFL s’étaient présentées au Pro Day de Laurent Duvernay-Tardif en 2014.
L’heure des visites et du repos
Antony Auclair se préparait depuis la fin de sa saison avec le Rouge et Or pour ce processus qui le mènera peut-être vers la NFL. Il y a 10 jours, toute cette aventure aurait pu prendre une autre tournure alors que le Beauceron s’est blessé à l’ischio-jambier gauche.
Heureusement, la blessure n’était pas trop sérieuse et il a tout de même pu effectuer tous les tests physiques lors de son Pro Day. Il a d’ailleurs réussi ses meilleurs résultats à vie dans les sauts.
Ses temps pour les épreuves de vitesse (sprint 40 verges, 3-cônes, changements de direction) n’ont pas été aussi bons qu’il l’aurait voulu en raison de sa blessure. Toutefois, il a pu démontrer qu’il était capable de performer dans la douleur, ce que chaque joueur de football doit faire presque quotidiennement.
Les dépisteurs avaient d’ailleurs été informés de la blessure d’Auclair avant même qu’ils ne posent les pieds au Québec.

« Les dépisteurs étaient très heureux qu’il ait couru quand même. Ça n’a pas changé leur perspective d’Antony. Ils le savaient et ils l’ont vu qu’il était blessé. Est-ce que c’est commun de courir dans des circonstances comme celles-là? Pas du tout. Mais pour lui, ça représente bien qui il est », a mentionné Ghavami.
« C’était mieux de le faire maintenant et ensuite de prendre le temps de guérir la blessure, a expliqué Auclair qui aurait pu reporter l'évènement. Le repêchage est quand même en avril. Ça arrive vite. Il faut aussi se concentrer sur le football. On s’entraîne pour faire des tests physiques, mais on ne s’entraîne pas pour jouer des matchs. Je vais tomber rapidement dans ce type d’entraînement. »
La prochaine étape pour Auclair sera les visites privées dans les installations des équipes. Avant même que son Pro Day commence, cinq formations de la NFL avaient déjà planifié des rencontres avec le Québécois. Ghavami s’attend à ce que ce nombre augmente dans les prochaines semaines.
Durant les visites, Auclair fera la connaissance du personnel des équipes visitées. Cela peut parfois aller du directeur général au personnel d’entraîneurs en passant par toute l’équipe de recrutement. Il devra aussi subir des examens médicaux pour s’assurer qu’il n’a pas menti sur son état de santé durant ses entrevues au Pro Day.
D’autres formations, qui n’étaient pas à Québec lundi, ont tâté le pouls pour un entraînement privé, mais « rien n’est coulé dans le béton », a prévenu Ghavami, surtout avec la blessure de son client. Durant ces entraînements privés, les équipes auraient le droit de soumettre Auclair à des exercices pour observer ses capacités à attraper le ballon, à courir des tracés et à bloquer. Mais elles ne pourraient pas lui faire passer les tests physiques.
Mais avant d’entreprendre ces visites, qui seront surtout difficiles en raison du voyagement qui sera effectué en peu de temps, Auclair s’accordera une période de repos bien mérité. Il soignera d’ailleurs sa blessure pour être en pleine forme par la suite.
« C’est un long processus. Je ne me suis pas arrêté depuis la fin de la saison. Il faut maintenant se reposer et j’espère ensuite avoir ma chance dans la NFL », a lancé Auclair, qui était très fier de sa prestation à son Pro Day, le deuxième du genre dans l’histoire du football québécois.