mardi, novembre 22, 2016

Du rouge mur à mur

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Retour sur un gros week-end de football

Images of Pierre Vercheval

Bravo au Rouge et Or, qui a atteint la Coupe Vanier grâce à une victoire de 36-6 sur les Golden Hawks de Wilfrid Laurier en fin de semaine. On a vu que le football au Québec est en santé.
Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que ç’a été une victoire basée sur la stratégie, l’intensité, la robustesse, le plan de match et l’exécution. Ç’a été une domination totale. On aurait juré que les coordonnateurs défensif et offensif étaient dans le caucus de l’adversaire avant chaque jeu tellement on était bien préparé, tellement on savait ce qui s’en venait et qu’on avait bien étudié. Le Rouge et Or n’a pas semblé surpris par aucune stratégie des Hawks. Quand tu domines physiquement, que tu imposes ta volonté et que tu domines stratégiquement, il ne reste pas grand-chose à l’autre équipe. La préparation a été excellente.

En voyant les chiffres des Hawks avant la rencontre, je me disais qu’il allait falloir protéger le ballon, ce que Hugo Richard a fait, et que Richard devait être protégé aussi. Finalement, on n’a alloué qu’un sac du quart. La ligne à l’attaque a gagné 267 verges alors que les Hawks ont été limités à seulement 121, eux qui en gagnaient pourtant en moyenne 271 par match. Tout ce qu’il fallait faire, on l’a fait. La grosse machine du Rouge et Or s’est mise en marche.
Les points que j’ai trouvés intéressants du côté de l‘attaque, c’est qu’on a intégré des jeux structurés pour le quart-arrière Hugo Richard. On sait que c’est un gars mobile et que c’est un bon athlète, mais on ne l’a pas nécessairement vu beaucoup courir cette saison. Samedi, il a réalisé quelques courses improvisées, mais plus souvent structurées, pour un total de sept courses et 82 verges avec un touché. Quand on s’est rendu compte que les Hawks utilisaient des stratégies de couverture défensive où ils déployaient beaucoup de monde en couverture comparativement à peu de monde dans la boîte défensive, le Rouge et Or y a vu un avantage. Souvent, le Rouge et Or était à 7 contre 5 avec ses cinq joueurs de ligne à l’attaque, un porteur en plus du quart, c’était donc un jeu d’enfant de laisser le quart courir. Parfois le porteur de ballon devenait le centre arrière et ouvrait le chemin. D’autres fois, il n’y avait pas de porteur et ça devenait une question d’attirer le quart-arrière. Quand le quart ne court pas, défensivement tu as toujours l’avantage car on joue à 12 contre 11, mais quand il se met à courir, on joue soudainement à 12 contre 12. Cette dimension a vraiment surpris Laurier. Quand ce dernier arrivait avec des blitz, le Rouge et Or tentait la passe piège. C’est comme si on était toujours en avance de quelques jeux. Laval avait toujours des réponses prêtes pour les différentes couvertures et les différents blitz. Bravo aux joueurs qui ont exécuté le plan de match.
Préparation excellente, sélection de jeux excellente suivie d’une exécution excellente, voilà une recette gagnante.

Guerre des tranchées!
Défensivement, on savait qu’on devait arrêter le jeu au sol, car Laurier était no 1 au Canada à ce chapitre. C’est intéressant car le Rouge et Or affrontait un système de blocage différent qu’on ne voit pas beaucoup au Québec, soit de nombreux blocs homme à homme ou encore des blocs où on décroche des joueurs de ligne et qu’on les amène du côté gauche ou droit. Il y avait beaucoup de chassés-croisés dans le champ arrière avec plusieurs porteurs de ballon, aussi des blocs en croisé au niveau de la ligne à l’attaque. Ça fait en sorte que défensivement, il faut être prêt et discipliné plus que jamais. Le front défensif a été excellent dans les circonstances. On ne s’est pas fait étourdir ou déranger par tous les mouvements dans le champ arrière. On a lu nos clés, on a pris nos responsabilités, on a rempli nos affectations et on a joué en groupe. C’est grâce aux petits détails qu’on a réussi. Pour freiner le jeu au sol, ce n’est pas l’affaire que d’un seul gars, c’est l’affaire de la défense au complet tout dépendant des stratégies. Des fois, il y a des stratégies où tu veux contenir le jeu, d’autres où tu veux faire déborder le jeu. C’est une affaire d’intensité, de robustesse, de vouloir et de désir. Il faut se salir le nez parce que c’est physique, et Laval a dominé à ce niveau.
J’ai déjà hâte de voir l’affrontement entre l’attaque du Rouge et Or et la défense des Dinos, dont le coordonnateur est l’ex-entraîneur des Alouettes de Montréal Tom Higgins.
La finale de la Coupe Grey est en place
Dans l’Est, le Rouge et Noir d’Ottawa a vaincu les Eskimos d’Edmonton 35-23.
On avait tous hâte de voir comment le Rouge et Noir allait amorcer la partie, car cette saison, chaque fois que l’équipe profitait d’une semaine de congé, elle se faisait démolir le match suivant. Ils ont d’ailleurs perdu 43-19 face aux Alouettes et 48-23 face aux Stampeders. Clairement, l’entraîneur-chef Rick Campbell s’est dit que ça ne pouvait plus continuer ainsi. Le Rouge et Noir s’est entraîné toute la semaine comme si c’était une semaine normale. Il a changé sa façon de faire et ç’a été payant, comme en témoigne un départ canon de 17-0. Les joueurs n’étaient pas rouillés.

Eskimos 23 - Rouge et Noir 35
Je trouve qu’ils ont bien géré l’adversité contrairement à l’autre équipe. Les conditions n’étaient pas évidentes au milieu d’une tempête de neige. Dans ce contexte, ça devient difficile de lancer le ballon et on s’attend à ce que les receveurs aient de la difficulté à changer de direction et à attraper le ballon. On a donc tendance à s’en remettre davantage au jeu au sol, sauf qu’ils ont perdu leur porteur régulier, Moses Madu, dès la première séquence du match. Heureusement, le remplaçant Kienen Lafrance a répondu à l’appel. Ce Canadien qui vient du Manitoba est habitué à ce genre de conditions et il a joué un match exceptionnel. Pendant la saison entière, il a accumulé 163 verges de gains au sol; il en a eu 157 en un seul match hier. Sa ligne à l’attaque a aussi bien fait contre le front défensif des Eskimos, ce qui est habituellement leur force.

Un héro inattendu pour le Rouge et Noir
Je parle aussi d’adversité parce que tout roulait pour Ottawa jusqu’à ce que le pointage se resserre en deuxième demie. Au quatrième quart, des échappés d’Henry Burris et du retourneur Khalil Paden ont porté la marque à 28-23. Tout le monde devait se demande si la chaîne venait de débarquer. On avait le contrôle du match, tout le monde avait du plaisir, tout le monde riait, puis l’ambiance a changé. Ottawa a tout de même résisté et est revenu plus fort durant une séquence importante avec des passes de Burris en deuxième essai pour faire avancer les chaîneurs, en plus du festival Kienen Lafrance et ses jeux au sol. Ils sont allés marquer un touché au sol pour sceller l’issue du match et écouler les dernières minutes au chrono.
Ils ont réussi à ne pas s’écrouler, alors que certaines équipes auraient pu sentir le tapis glisser sous leurs pieds et ne plus être capable de freiner la descente.
La logique respectée

Lions 15 - Stampeders 42
Du côté de Calgary, ils ont maintenu leur standard excellence en battant les Lions de la Colombie-Britannique 42-15. Quand tu as une fiche de 15-2-1, que tu finis premier dans la ligue et que tu profites d’une semaine de congé, ce serait bien triste de gâcher tout ça en perdant en finale de l’Ouest. Ce sont eux qui ont le mieux joué toute la saison, et les voilà maintenant à la Coupe Grey après une performance parfaite. Parfois, l’histoire du négligé ou d’une équipe qui arrive de nulle part, c’est divertissant, mais quand tu as déjà joué et que tu sais tout ce que ça prend pour en arriver à une telle fiche, tu ne veux pas voir personne la bousiller.
Aussi, bravo aux entraîneurs. Calgary n’avait pas joué depuis trois semaines. En plus, son dernier match, le 30 octobre, ne voulait rien dire contre les Als. Bo Levi Mitchell et plusieurs autres réguliers n’avaient même pas joué. Ç’a dû être difficile de gérer le calendrier pour Dave Dickenson. Je ne sais pas exactement comment il s’y est pris, mais il a visiblement effectué les bonnes décisions. Sa troupe est partie sur les chapeaux de roue si bien que c’était 32-0 à la mi-temps. C’était terminé, c’était une domination dans toutes les phases du jeu. C’est une équipe mature qui était prête et qui a bien exécuté sur le terrain dans la mesure de son talent.

Des Stampeders au galop!
Les finalistes se sont affrontés deux fois cette saison. Le verdict : un match nul et un gain des Stamps (48-23). Chaque fois, Henry Burris était absent, alors que Trevor Harris prenait la relève. Son retour peut changer la donne. D’autant plus qu’il va affronter son ancienne équipe. Il avait gagné la Coupe Grey avec eux en 2008, avant d’être échangé aux Tiger-Cats de Hamilton et de prendre le chemin de la capitale canadienne.

RDS : la première étape d'un immense rendez-vous

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L'attente est terminée, place au match tant attendu

Éric Leblanc

MONTRÉAL – « Oui, je vais dormir, mais je ne sais pas combien de temps. »
Aucun doute, Mauro Biello ne sera pas le seul pour lequel le sommeil aura été difficile dans la nuit de lundi à mardi. Plusieurs de ses joueurs pourraient se retrouver dans la même situation. Ce n’est pas tout, même de nombreux partisans risquent de peiner à fermer l’œil.
Malgré tout, les protégés de Biello ne devraient pas manquer d’énergie en se nourrissant de la foule de 60 000 spectateurs qui envahira le Stade olympique. À vrai dire, le véritable défi consistera à bien doser cette adrénaline et ce désir de plaire.
Le contrôle sera primordial puisqu’il ne s’agira que du match aller du Championnat d’association (présenté à RDS dès 19 h avec l’avant-match). Biello et ses joueurs ont d’ailleurs abordé cette facette à la veille de la partie tant attendue.

« On entre dans ce match pour le gagner »
À l’image de la ronde précédente, le onze montréalais espère se dresser comme une forteresse pour cette première de deux étapes.
« J’ai envie de dire de ne pas encaisser de but, c’est important. Ensuite, on va rechercher la victoire. C’est une confrontation aller-retour et tout peut arriver, j’ai vu tous les scénarios dans ce sport », a exprimé Hassoun Camara au moment d’identifier le pointage qui serait satisfaisant.
Dans ce sens, un résultat de 0-0 serait perçu comme une bonne nouvelle.
« Oui, je pense que n’importe quel résultat nous donnant une chance d'accomplir quelque chose à l’extérieur sera intéressant. Parce que la vraie, vraie finale sera jouée là-bas », a poursuivi le défenseur.
Biello aurait pu choisir le même refrain, mais il a préféré démontrer un objectif plus ambitieux.
« On va voir comment le match va se dérouler, mais on cherche la victoire, ça c’est certain », a-t-il commenté.
À ne pas en douter, les membres de l’Impact auront en tête la glissade survenue lors de la deuxième demie du match retour contre Club América en Ligue des champions de la CONCACAF en avril 2015. Détenant une avance de 1-0 (2-1 au cumulatif) à la mi-temps, l’Impact a perdu l’ascendant en concédant quatre buts par la suite.
« Après avoir compté le premier but, on a un peu perdu notre contrôle sur le terrain. On doit mieux gérer nos émotions », a ciblé le gardien Evan Bush qui avait été forcé de rater ce match d’envergure en raison d’une suspension.
« Ce fut un moment très difficile, mais je ne veux pas trop y penser. Quand tu deviens trop anxieux, de mauvaises choses peuvent survenir alors j’essaie de voir le match contre Toronto comme n’importe quel autre. Bien sûr, quand on arrivera au Stade olympique, on va ressentir toute cette énergie et ce sera différent », a expliqué celui qui a joué du soccer inspiré dernièrement.

« Tout le monde est prêt, calme et serein »
Blessé, Camara avait également rongé son frein cette fois-là. Il espère que son équipe aura appris de cette expérience mémorable.
« C’est un plus d’avoir ça dans nos bagages, mais ce n’est pas l’exemple à suivre parce qu’on n’a pas gagné. C’est notre but en tant que joueur », a-t-il rappelé.
Aux yeux de Patrice Bernier, l’aventure comporte une différence considérable. 
« La Ligue des champions, ça se passait entre deux années différentes. Cette fois, c’est comme si on arrivait à la fin du marathon de l’année et on veut finir en beauté parce qu’on a travaillé très fort pour se rendre là », a comparé le capitaine.
Très haut dans le palmarès
Atteindre la demi-finale de la MLS, ce n’est pas banal. Pour l’organisation de l’Impact, il s’agit d’une première significative et elle l’est tout autant pour les joueurs.

« Ce sera une belle fête »
Grand ambassadeur du soccer québécois, Bernier a vécu un contexte totalement différent à son premier séjour avec l’Impact au début des années 2000. Une quinzaine d’années plus tard, il s’apprête à vivre un match historique prouvant l’énorme évolution de ce sport.
Ce n’est pas surprenant qu’il réserve déjà une place de choix dans ses souvenirs.
« Elle est très haute dans la liste. J’ai vécu de gros affrontements, mais la différence, c’est que celui-ci survient chez moi, c’est particulier. On a grandi depuis cinq ans en tant qu’équipe. Mais, l’important, c’est de gagner pour retenir le positif à la fin », a confié Bernier qui réalise que sa carrière de joueur ne durera pas éternellement. 
Arrivé dans la métropole québécoise en 2011 pour la fin de la période en NASL, Camara s’est enraciné à Montréal et cette étape lui fait ressentir de puissantes émotions.
« Je suis vraiment très fier. Je regardais justement une photo sur Twitter et un supporteur me rappelait que je suis l’un des rares à être là depuis le début (en MLS). Je n’avais pas prévu vivre ça en arrivant quand j’ai traversé l’Atlantique. Je me suis retrouvé avec des grands clubs comme Marseille et Bastia. Maintenant, c’est extraordinaire de se retrouver au plus haut niveau ici. J’en profite, comme joueur et comme homme », a-t-il spécifié. 
« J’ai commencé à pratiquer ce sport à 11 ans, je rêvais de jouer dans ces ambiances. Il n’y a pas de danger que j’arrive et que je sois effrayé de jouer. On a une grande chance de pouvoir vivre cette expérience et de la partager avec nos partisans », a enchaîné Camara avec vigueur. 
Une étape majeure pour le soccer canadien
Du même coup, le choc entre l’Impact et le Toronto FC fera rayonner le soccer canadien. Sans pousser la note, on peut croire que cet affrontement inspirera de nombreux enfants.
« Ça va aider les jeunes à rêver. Ils vont regarder ce match en voulant se rendre là un jour », a commenté Biello qui est fier de ce parcours surtout qu’il a lui-même composé avec des années nettement plus modestes de l’Impact.
« C’est gros pour le sport et pour le pays. Le sport a grandi progressivement, mais cette série va accélérer le tout. Tout le monde suit la confrontation, même les partisans de hockey ou de basketball », a fait remarquer Jonathan Osorio du Toronto FC.
Informations pour les spectateurs
L’Impact a tenu à partager les informations suivantes avec les partisans qui assisteront au match. Ceux-ci sont invités à participer à une mosaïque géante lors de l'entrée des joueurs avant l'hymne national. Vous êtes invités à arriver tôt afin de supporter les joueurs dès la séance d'échauffement à 19 h 15, sans oublier de porter du bleu.
L'Impact vous suggère d'utiliser les transports en commun. Veuillez prendre note de la pleine entrée en vigueur des mesures de sécurité à l'entrée du Stade olympique. Tous les sacs à dos, sacs à caméra et grands sacs fourre-tout, ainsi que tous les sacs excédant 35 cm x 35 cm x 15 cm sont interdits.