mercredi, mai 11, 2016

Eugenie Bouchard accède au deuxième tour à Rome

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Publié le 10 mai 2016 à 08h20 | Mis à jour le 10 mai 2016 à 17h29
Eugenie Bouchard a défait Jelena Jankovic en trois... (Photo Tiziana Fabi, AFP)
Eugenie Bouchard a défait Jelena Jankovic en trois manches, mardi.PHOTO TIZIANA FABI, AFP
ANDREW DAMPF
Associated Press
Rome
Eugenie Bouchard a ajouté aux malheurs de Jelena Jankovic à l'Omnium d'Italie, remportant leur confrontation de première ronde entre deux anciennes joueuses du Top 10 mondial. La native de Westmount a triomphé en trois sets de 6-4, 2-6, 6-3.
Jankovic avait remporté ce tournoi sur terre battue en 2007 et 2008, mais elle n'a pas atteint les quarts de finale depuis trois mois.
Bouchard, finaliste à Wimbledon en 2014, a glissé au classement l'an dernier, mais elle a connu un bon début d'année avec deux finales.
«Je savais que ce serait une difficile bataille, a confié la Québécoise. J'ai compris qu'elle contrôlait trop de points. Donc au troisième set, j'ai décidai, même au risque de commettre plus d'erreurs, qu'il me fallait prendre des risques. Et ça a fait la différence.»
Bouchard fera face au prochain tour à Angelique Kerber, championne des Internationaux d'Australie.
L'Américaine et no 1 mondiale Serena Williams a quant à elle lancé sa saison sur terre battue du bon pied, disposant de l'Allemande Anna-Lena Friedsam, 51e raquette mondiale, 6-4, 6-3 dans un match de deuxième tour du Masters de Rome.
Ayant raté le Masters de Madrid la semaine dernière en raison de la maladie, Williams, la favorite, n'a démontré aucun signe de faiblesse, envoyant de lourds retours pour des coups gagnants et dictant le ton des longs échanges.
«J'adore l'argile et je me sentais très bien, a-t-elle dit. Je suis contente du niveau de jeu que j'ai offert. J'étais vraiment constante.»
Williams, qui a remporté 21 tournois du Grand Chelem, est à la recherche de son premier titre depuis sa victoire au tournoi de CIncinnati, en août dernier. Elle a gagné trois fois le tournoi de Rome.
Dans les autres rencontres, Samantah Stosur est venue de l'arrière pour éliminer l'Américaine issue des qualifications Alison Riske 4-6, 7-6 (5), 6-1, tandis que l'étoile montante du tennis britannique Johanna Konta a défait une autre qualifiée, la Suédoise Johanna Larsson, 6-1, 6-2.
Chez les hommes, la sixième tête de série, le Japonais Kei Nishikori, a remporté son match de deuxième tour 5-7, 6-2, 6-3 face à Viktor Troicki, tandis que Tomas Berdych, classé huitième, a montré la sortie à Albert Ramos-Vinolas 6-3, 6-4.
Nishikori s'est détaché de Troicki après que ce dernier eut eu une prise de bec avec l'officiel à 1-1 dans la deuxième manche.
Dans un match de premier tour, l'Espagnol David Ferrer, tête de série no 9, est venu de l'arrière face à l'Italien détenteur d'un laissez-passer Filippo Volandri pour signer un gain de 4-6, 7-5, 6-1.

Les parents minimisent l'intimidation au soccer

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Publié le 11 mai 2016 à 08h19 | Mis à jour à 08h19
La grande majorité des jeunes joueurs de soccer... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE
La grande majorité des jeunes joueurs de soccer (91%) disent avoir été témoins, dans les 12 derniers mois, de moquerie ou de sarcasme

GABRIEL BÉLAND
La Presse
Les parents ignorent l'ampleur de l'intimidation qui sévit sur les terrains de soccer du Québec. Ils ont tendance à la minimiser, contrairement à leurs propres enfants qui la vivent lors des matchs.
Voilà ce qui ressort d'une enquête menée par quatre chercheurs québécois sur le sport le plus populaire au Québec. L'étude indique également que, selon les entraîneurs et les arbitres, les parents mettent trop de pression pour que les enfants gagnent leurs matchs.
Martin Gendron, professeur à l'Université du Québec à Rimouski et chercheur principal de l'étude, se dit amateur de soccer et espère que ses recherches serviront à améliorer l'environnement dans lequel ce sport est pratiqué au Québec.
«C'est un sport qui peut paraître plus inoffensif que le hockey, explique le psychopédagogue en entrevue. Est-ce qu'il y a un problème? Ce que l'on sait, c'est qu'il y a présence de violence, d'intimidation, d'agression au soccer. L'intimidation verbale est la plus présente.»
Pour arriver à cette conclusion, l'Enquête sur la participation dans le soccer amateur a permis d'interroger 1395 joueurs de 11 à 17 ans, 1130 parents, 557 entraîneurs et 96 arbitres. Les résultats ont été présentés hier au congrès de l'ACFAS.
La grande majorité des jeunes joueurs de soccer (91%) disent avoir été témoins, dans les 12 derniers mois, de moquerie ou de sarcasme; 89% d'entre eux disent avoir entendu des insultes et 64%, des menaces.
Ils sont 90% à avoir été témoins de bousculade volontaire, et 65% ont vu un jeune joueur feindre d'en frapper un autre. Près de quatre jeunes sur dix (38%) ont par ailleurs entendu des propos racistes.
Les enfants ne fabulent pas. Les arbitres interrogés par les chercheurs rapportent tous avoir constaté ces gestes, dans des proportions légèrement plus élevées que les jeunes. Ils sont par exemple 97% à avoir été témoins de moquerie ou de sarcasme, et 89% ont vu un geste impoli ou menaçant.
À l'opposé, les parents des enfants et les entraîneurs se disent moins souvent confrontés à ces épisodes d'intimidation. Par exemple, alors que 64% des jeunes ont entendu des menaces dans la dernière année, «seulement» 49% des parents en disent autant.
«On observe que les gens sur le terrain, soit les joueurs et les arbitres, rapportent des taux d'incidence beaucoup plus élevés que ceux en périphérie du jeu, les entraîneurs et les parents, note Martin Gendron. Dans certains cas, ça va du simple au double.»
«C'est certain que les insultes et les menaces, il faut être sur le terrain pour les entendre. Mais on constate cette différence même sur des choses visibles, comme les tacles dangereux», dit-il.
La pression des parents
Le chercheur pense que ces chiffres devraient «susciter une réflexion». Il s'intéresse depuis une décennie à la violence au soccer. Il a notamment eu le soutien de la Fédération québécoise pour mener ses enquêtes dans le passé.
Le soccer québécois ne veut pas suivre la route du hockey, dont l'image a été minée par les épisodes de violence dans les années 90. Tout comme au hockey, le nombre de participants stagne au soccer. Le sport a connu des années fastes au Québec entre 1980 et 2008, alors que le nombre de joueurs a été multiplié par cinq, pour frôler les 200 000. Mais depuis, le sport se maintient.
Ce que l'Enquête sur la participation dans le soccer amateur révèle également, c'est que la raison la plus communément citée par les enfants, les parents, les arbitres et les entraîneurs pour expliquer qu'un jeune abandonne le sport, c'est la présence de comportements antisportifs. C'est le facteur cité en deuxième par les adultes et les jeunes.
Du côté de la Fédération de soccer du Québec, on se dit conscient du problème. Cette saison a d'ailleurs été baptisée «année du fair-play» par Soccer Québec. «Des messages-chocs ont été installés sur tous les terrains du Québec, explique le directeur technique de la Fédération, Éric Leroy. Par exemple, l'un d'entre eux dit: "L'arbitre est un être humain".»
«Les valeurs de la fédération, c'est que le soccer est un sport pour tous et toutes. C'est un sport dont les règles interdisent tout contact, et le rôle des éducateurs - on ne les appelle plus des entraîneurs - est de développer des individus avec des valeurs citoyennes», poursuit M. Leroy.
L'étude dévoilée hier contient un autre fait d'intérêt: selon les entraîneurs et les arbitres consultés, les parents mettent trop de pression autour des performances de l'équipe. Selon eux, c'est d'ailleurs le facteur le plus à même de mener au décrochage sportif des jeunes, juste devant les comportements antisportifs.
La Fédération explique faire des efforts pour améliorer l'ambiance sur ses terrains. «On veut se démarquer comme un sport d'intégration et de partage. On veut surtout développer des citoyens, dit Éric Leroy. L'essence du jeu n'est pas de taper l'adversaire, mais bien de jouer.»
Mais, du même souffle, il note qu'un sport ne peut exister en vase clos. «On vit dans une société où le respect n'est pas toujours au rendez-vous, dit-il. Il faudrait donc un miracle pour que les gestes irrespectueux disparaissent complètement sur le terrain. On va continuer de prôner le respect. Mais la personne qui peut influencer le jeune à l'extérieur du terrain, c'est le parent.»