dimanche, août 16, 2015

Des émotions fortes

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Lucian Bute 

Francis Paquin
MONTRÉAL - Le contexte était plus que favorable pour une prestation qui le mettrait en valeur, et c’est exactement ce qui est arrivé à Lucian Bute à son premier duel en plus d’un an et demi.
L’ancien champion des poids super-moyens de l’IBF s’est amusé aux dépens d’Andrea Di Luisa avant de l’emporter par arrêt de l’arbitre à 1:53 du 4e round, samedi soir au Centre Bell. Le coin de l’Italien a jeté l’éponge, alors que le boxeur était en train de recevoir une rafale de coups.
De retour dans le ring pour la première fois depuis qu’il s’était incliné devant Jean Pascal en janvier 2014, Bute (32-2, 25 K.-O.) a probablement ravi ses partisans les plus irréductibles, mais n’a vraisemblablement pas convaincu ceux qui doutaient du fait qu’il fait encore partie de l’élite. Peu importe, il est parvenu à chasser les démons qui le hantent depuis plusieurs années.
« J’ai ressenti les mêmes émotions que lorsque je suis devenu champion du monde contre Alejandro Berrio (en octobre 2007), a avoué Bute en conférence de presse. Je suis soudainement devenu très ému et les larmes ont commencé à couler. Je suis sensible!
« Je suis très content et très fier de ma performance. D’être de retour après une aussi longue pause, ce n’était vraiment pas facile. Psychologiquement, je suis complètement différent. J’ai travaillé extrêmement fort au cours des derniers mois et je tiens à remercier les frères Grant. »
« Je suis vraiment très content pour lui. Il est de retour, a ajouté son entraîneur Howard Grant. Il a fait tout ce que nous lui avons demandé au gymnase. Je n’ai aucune plainte à formuler. »
« Lucian a franchi un grand pas ce soir, a renchéri le promoteur Jean Bédard. Nous souhaitions tous une performance positive et il faut comprendre que Lucian avait besoin de combat là. »
Plus rapide et plus talentueux que Di Luisa (17-2), le Montréalais d’origine roumaine a démontré qu’il était le patron dans le ring en parvenant à dicter le rythme grâce à la vitesse de ses mains. Il a ainsi pu facilement placer sa puissante gauche avec régularité à compter du deuxième round.
L’œil droit de Di Luisa a ensuite commencé à montrer des signes de fatigue au troisième assaut, puis Bute est devenu de plus en plus incisif avec sa main arrière, comme à la belle époque.
« C’est à partir du troisième round que j’ai vraiment commencé à trouver mon rythme et mes repères, a expliqué Bute. Au premier round, j’ai bien pris mon temps pour l’étudier afin de savoir ce qu’il faisait de bien et de moins bien et également connaître ses coups préférés. »
L’ancien champion est parvenu à envoyer son rival au plancher au début du quatrième grâce à une gauche au visage, puis a forcé le coin de Di Luisa à abandonner après avoir matraqué le corps et la tête de l’Italien. Il s’agissait de sa première victoire avant la limite depuis celle signée sur Jean-Paul Mendy en juillet 2011 en Roumaine. Une autre raison pour lui de se réjouir.
Bute n’a pas voulu trop s’étendre sur la suite des choses, même si un combat contre le champion des super-moyens de l’IBF James DeGale est dans les cartons. Il a toutefois indiqué que s’il avait à choisir, il préférerait se mesurer au détenteur du titre du WBC Badou Jack.
Alvarez l’emporte, mais s’expose
Apparemment prêt pour des combats des ligues majeures, mais désespérément à la recherche de notoriété pour les obtenir, Eleider Alvarez a démontré qu’il a encore des croûtes à manger avant de pouvoir prétendre rivaliser avec les meilleurs boxeurs de la division des mi-lourds.
Le Montréalais d’origine colombienne a en effet reçu une farouche opposition et a été atteint à de nombreuses reprises par la main arrière d’Isidro Ranoni Pietro avant de l’emporter par décision unanime. Les trois juges ont remis des cartes identiques de 117-111 en sa faveur.
Alvarez (18-0) est demeuré invaincu en 18 combats depuis le début de sa carrière et a également défendu pour la première fois sa ceinture d’argent des mi-lourds du WBC acquise à la suite de sa victoire par arrêt de l’arbitre sur Ryno Liebenberg en octobre 2014 à Monaco.
Se battant au Centre Bell pour la première fois en plus d’un an, Alvarez a rapidement dicté le rythme en contrôlant les premiers instants du duel avec son jab. Il a cependant encaissé la main arrière de son adversaire à la fin du premier round, ce qui l’a incité à la prudence par la suite.
« Ç’a été un combat très difficile, a reconnu Alvarez. J’ai dû démontrer beaucoup de courage. »
« Nous nous attendions à quelque chose de mieux, a continué son entraîneur Marc Ramsay. Nous avons dû changer plusieurs fois notre stratégie et ç’a été un exercice de haute voltige.
« Mais il faut voir beaucoup de bon dans ce qui est arrivé ce soir. Nous regarderons le film du combat et ça nous obligera à continuer de travailler. Je considère qu’Eleider fait toujours partie de l’élite de l’industrie et il ne peut que s’améliorer à la suite de cette prestation. »
Malgré un œil droit ouvert à compter du troisième round, Prieto (24-1-3) ne s’est pas laissé dérangé par la situation en continuant à appliquer de la pression et sa main droite s’est ensuite mise à atteindre la cible régulièrement. Alvarez a même survécu de peine et misère au sixième round après avoir été touché, mais a finalement réussi à s’en sortir en accrochant son opposant.
Peu habitué aux longs combats, Prieto a considérablement ralenti par la suite et Alvarez en a profité pour enlever les rounds les uns après les autres et ainsi se sauver avec la victoire.
Un retentissant uppercut conduit Ulysse à la victoire
Fidèle à son habitude, Yves Ulysse fils s’est assuré d’animer la sous-carte avec son sourire à un million de dollars et surtout une prestation qui laisse entrevoir un avenir plus que prometteur.
Le Montréalais a passé le knock-out à Ryan Wagner à 2:02 du deuxième round, après avoir atteint son adversaire d’un uppercut de la droite au foie dont il se souviendra longtemps.
Ulysse (9-0, 6 K.-O.) a démontré toute l’étendue de son talent dès les premiers instants du combat en dominant complètement Wagner (5-3) sur le plan de la vitesse. Cette dernière lui a permis de placer de porter le coup fatal, alors que les deux boxeurs étaient au corps-à-corps.
Bogdan Dinu (13-0, 9 K.-O.) n’a nullement paru dérangé par l’absence de son entraîneur Stéphan Larouche en malmenant Ed Charles Perry (20-6-2) avant de l’emporter par arrêt de l’arbitre à 1:18 du deuxième round. Il s’agit d’une troisième victoire de suite avant la limite pour Dinu, tandis que Perry en était à son troisième combat après une pause de plus de trois ans.
Erik Bazinyan (9-0, 6 K.-O.) est demeuré invaincu en neuf combats depuis le début de sa carrière en passant le knock-out à LeeAnthony Spitzka (6-2) à 2:57 du troisième round. Le protégé des frères Grant a terrassé son rival d’un puissant direct de la droite dont il ne s’est jamais remis.
En ouverture, Ruslan Dalkhaev (3-0, 1 K.-O) a enregistré une troisième victoire en autant de combats en battant Saul Tejada (6-6-2) par arrêt de l’arbitre à 55 secondes du cinquième round. Le Montréalais d’origine russe entraîné par Ramsay a notamment envoyé son adversaire au plancher à deux reprises au deuxième assaut en plus de l’ébranler à la fin du quatrième.
Description round par round du combat de Lucian Bute:
4e round
Lucian a essuyé quelques attaques de son adversaire, mais il a répliqué avec de bonnes gauches au visage de Di Luisa qui a visité le plancher. Une fois relevé, Lucian a terminé le travail forçant le clan Di Luisa à jeter l'éponge.
Victoire de Bute par arrêt de l'arbitre
3e round
Di Luisa a tenté de lancer plus de coups en début de round, mais Lucian a évité avec efficacité les assauts de son adversaire avant de lui-même répliquer avec de bonnes combinaisons. Di Luisa est enflé sous l'oeil droit.
Carte RDS.ca : 30-27 Bute
2e round
Après un début d'assaut à l'image du premier, Bute a lancé une première combinaison convaincante à la toute fin. Il a été en mesure de toucher la cible, notamment avec sa gauche.
Carte RDS.ca : 20-18 Bute
1er round
Di Luisa a rapidement pris possession du centre du ring. Les deux boxeurs ont semblé s'étudier, alors que Bute a tenté à quelques occasions de placer son jab. Il a touché faiblement la cible à quelques reprises.
Carte RDS.ca : 10-9 Bute
Programme complet de la soirée :
Lucian Bute (31-2, 24 K.-O.) bat Andrea Di Luisa (17-2, 13 K.-O.) par arrêt de l'arbitre au 4e round.
Eleider Alvarez (18-0, 10 K.-O.) bat Isidro Ranoni Prieto (24-1-3, 20 K.-O.) par décision unanime.
Yves Ulysse fils (9-0, 6 K.-O.) bat Ryan Wagner (5-3, 2 K.-O.) par K.-O. au 2e round.
Bogdan Dinu (13-0, 9 K.-O.) bat Ed Charles Perry (20-6-2, 1 K.-O.) par arrêt de l'arbitre au 2e round.
Erik Bazinyan (9-0, 6 K.-O.) bat Leeanthony Spitzka (6-2, 6 K.-O.) par K.-O. au 3e round.
Vislan Dalkhaev (3-0, 1 K.-O.) bat Saul Tejada (6-6-2, 1 K.-O.) par arrêt de l'arbitre au 5e round.
Caleb Plant (9-0, 8 K.-O.) bat Zoltan Sera (20-6, 12 K.-O.) par arrêt de l'arbitre au 1er round.

Belinda Bencic surprend Serena Williams

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Belinda Bencic

TORONTO - Belinda Bencic a surpris la favorite Serena Williams 3-6, 7-5, 6-4, samedi, afin d'accéder à la finale du volet féminin de la Coupe Rogers.
La Suissesse âgée de 18 ans a profité des nombreuses erreurs inhabituelles de l'Américaine, qui a connu des ennuis au service pendant la majorité de la soirée. Il s'agit pour Williams de seulement une deuxième défaite cette saison. Sa fiche en 2015 est maintenant de 43-2.
Bencic a couvert son visage avec ses mains quand elle a confirmé sa victoire et elle a laissé couler quelques larmes de joie pendant que des feux d'artifice éclataient au-dessus du Aviva Centre.
Bencic, classée 20e au monde, a éliminé trois têtes de série lors de son parcours vers une première participation à une finale d'un tournoi de catégorie Premier-5. Elle a d'abord vaincu Eugenie Bouchard, avant d'enchaîner des victoires contre la quatrième tête de série Caroline Wozniacki, Sabine Lisicki, la cinquième tête de série Ana Ivanovic et finalement Williams.
« Je ne peux pas décrire comment je me sens en ce moment, a dit Bencic. Je suis sous le choc par rapport à ce qui s'est passé sur le court, mais je suis vraiment contente qu'elle n'ait pas pu atteindre mon dernier coup droit. »
« C'était un sentiment incroyable. Je ne trouve pas les mots. »
Elle a eu besoin de deux heures et 28 minutes pour signer la victoire la plus importante de sa carrière.
En finale, Bencic affrontera la Roumaine et deuxième tête de série Simona Halep. Cette dernière a vaincu l'Italienne Sara Errani 6-4, 6-4.
Âgée de 33 ans, Williams a gagné quatre tournois cette saison, incluant les trois premiers tournois du Grand Chelem, et elle semblait à son aise lors de ses trois premiers matchs de la semaine. Cependant, elle a commis 30 fautes directes face à Bencic.
« Je crois que j'ai vraiment mal joué aujourd'hui, a commenté Williams. Je vais rester politiquement correct. Je ne crois pas que vous allez me contredire. »
Bencic, qui a décroché un premier titre en carrière plus tôt cette année à Eastbourne, est devenue la plus jeune joueuse à battre Williams dans un match complet depuis Maria Sharapova à 17 ans lors des finales de la WTA en 2004.
Pour sa part, Halep en sera aussi à une première participation à la finale de la Coupe Rogers, mais elle tentera de mettre la main sur un quatrième titre cette saison. Âgée de 23 ans, elle compte 11 titres de la WTA à son palmarès.
Halep a eu besoin d'une heure et 35 minutes pour concrétiser la victoire par une après-midi chaude et ensoleillée au Centre Aviva.
« Je connais une belle semaine, a dit Halep. Et vous savez, quand vous arrivez à un tournoi sans trop d'attentes, vous êtes plus détendues et vous jouez sans trop de pression. Vous jouez comme si vous étiez à l'entraînement et vous tentez simplement de faire du mieux possible.
« C'est ce que j'ai fait et bien honnêtement, je ne sais pas comment je suis arrivée en finale. Mais c'est agréable et je veux simplement m'amuser. »
Halep a profité des encouragements d'un important groupe de bruyants partisans roumains dans les gradins du court central. Elle a eu l'avantage 26-9 dans la colonne des coups gagnants aux dépens de la 15e tête de série et sa régularité l'a bien servie.
Halep, qui a montré des signes de fatigue en ce début d'après-midi humide, a manifesté son soulagement en se laissant tomber sur ses genoux après avoir confirmé sa victoire.
« J'étais fatiguée, a-t-elle admis. Après un set et en avance 4-2, je n'avais plus de puissance. Mais vous savez, vous devez parfois vous pousser un peu plus et vous battre à chaque point pour terminer le travail. »