mardi, août 04, 2015

Alexandra Croft : une femme dans le monde de la boxe

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Publié par Léandre Drolet pour 98,5fm Sports le lundi 03 août 2015 à 21h33. Modifié par Jean-François Cyr le mardi 04 août 2015
Alexandra Croft : une femme dans le monde de la boxe
Alexandra Croft en compagnie d`Adonis Stevenson./
(98,5 Sports) - Alexandra Croft est une femme passionnée, audacieuse, déterminée, persévérante et entêtée. Et il fallait toutes ces qualités pour qu'elle réussisse à faire sa marque dans le monde extrêmement macho de la boxe.
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Mis en ligne le lundi 03 août 2015 dans Les amateurs de sports avec Jérémie Rainville
Croft occupe le poste de vice-présidente exécutive de GYM, groupe présidé par Yvon Michel.

La jeune femme d’affaires est tombée dans la marmite toute jeune.

«La boxe est le seul sport qui me faisait soulever de ma chaise, qui me parlait, a mentionné Croft au micro des Amateurs de sports, animés par Jérémie Rainville. Je n’avais aucune idée comment j’allais y faire ma place, mais c’est ce qui m’allumait.»

De fil en aiguille, la native du Saguenay est devenue gérante de boxeurs poids lourds et négociait des ententes avec des promoteurs américains pour que ses protégés puissent se battre sur le circuit au Nevada.

«Avec toute ma naïveté, j’ai fait cela pendant quelques années, a-t-elle rappelé. Mais je ne gagnais pas du tout ma vie avec cela.»

Croft a beau se dire naïve, il a fallu qu’elle fasse preuve de beaucoup de résilience pour faire son chemin dans ce milieu.

«J’ai des nerfs d’acier et les hommes respectent cela. Je ne suis pas gênée de demander et je n’accepte pas me faire dire non, a-t-elle dit. Je n’ai jamais voulu prendre la place de quelqu’un, il a fallu que je me l’invente. Chez GYM, on travaille en équipe. Je n’ai jamais challengé aucun homme. J’ai eu des modèles féminins dans la boxe, mais quand je les ai rencontrées, j’ai été déçue.»

Croft a mentionné que son association d’affaires avec Michel avait commencé au lendemain de la faillite de la première version d’InterBox en février 2004.

«Yvon m’a dit : ‘C’est à notre tour, on se lance, on part notre compagnie’. C’est là que la belle aventure a commencé. On n’avait pas de nom, pas de boxeur. La première année fut très difficile. Après deux ans, je ne trouvais toujours pas ma place. J’étais entrée directrice des communications, on n’avait pas d’argent. Au début de chaque année, Yvon et moi on se souhaitait Bonne Année, mais on se disait : ‘Il va peut-être falloir que l’on se cherche des jobs cette année’, a-t-elle révélé. Mais je suis restée et j’ai persévéré.»

Croft a admis qu’elle et Michel avaient poursuivi leur expérience «parce qu’on est des fous. On le sait, mais on aime notre vie. On a tellement de plaisir. On est au bureau tous les matins à 7h. On se fait 100 projets et il y en a un qui passe. On a des lunettes roses et c’est nécessaire, parce quand la tempête arrive, tu as besoin de tes lunettes roses.»

«On a douté tellement de fois»

«Avez-vous douté à un moment donné?», a demandé Rainville.

«Mais certainement. On a douté tout le temps, tout le temps», a répondu Croft sans attendre.

Cette dernière a admis que le groupe jouait leur survie à chaque événement.

«Quand Jean Pascal s’est disloqué l’épaule contre Adrian Diaconu, on jouait notre survie. On a fait all in tellement de fois, a-t-elle avancé. Après la victoire par K.-O. d’Adonis Stevenson contre Chad Dawson, tout le monde pleurait, car si ça nepassait pas, on n’existait plus.»

La femme d’affaires a cependant mentionné qu’elle ne recommencerait pas l’aventure.

«Je pense que je n’avais pas toute ma tête pour me lancer dans une telle aventure. Je l’ai fait dans une belle période de ma vie», a-t-elle dit.

Depuis, les choses se sont replacées et GYM semble être sur la bonne voie.

«Maintenant nos boxeurs sont millionnaires, on signe des chèques de millions de dollars, c’est fascinant, s’est-elle exclamée. Yvon et moi ne sommes pas millionnaires, on vit bien, on a des belles vies. C’est certain que je souhaite être millionnaire, je ne ferais pas une bonne job si ça ne finissait pas comme cela.»

Même si elle ne veut pas renier les belles années de la boxe québécoise quand Lucian Bute et Jean Pascal étaient champions du monde, la vice-présidente croit que GYM se retrouve maintenant à des années-lumière de cette période.

«On a des plans pour des événements internationaux, a-t-elle dévoilé. On a des offres pour faire des événements en Afrique du Sud. Les portes sont grandes ouvertes pour nous, demain ce sera encore plus grand.»

Et Croft ne s’arrête pas là.

«Je souhaite que l’on marque l’histoire. Je veux que l’on soit un exemple, je souhaite que l’on soit une franchise québécoise qui aura réussi sur la scène internationale. C’est mon moteur», a-t-elle avancé.

Bute va se relever

Croft est bien sûr impliquée dans le combat entre Bute et Andrea Di Luisa qui aura lieu le samedi 15 août.

«Je me meurs de voir ce combat. Je sais que Lucian Bute va se relever, car je crois que les bons gars gagnent tout le temps, a-t-elle dit. Ne ratez pas ce combat. Le plan, c’est de lui faire livrer un combat de champion du monde.»

La vice-présidente de GYM a également mentionné qu’elle était convaincue que Pascal et Adonis Stevenson vont s’affronter un jour et que Stevenson va aussi se battre contre Bute.

Dans l’une des rares entrevues qu’elle accorde, Croft nous parle aussi d’Artur Beterbiev, comme la «huitième merveille du monde. Une machine de guerre qui ne fait que s’entraîner, manger et dormir et qui a un coup de poing que personne n’a vu.»