jeudi, avril 02, 2015

BOXE Stevenson et Bika, guerre de mots

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2 avril 2015 | Martin Ouellet - La Presse canadienne à Québec | Actualités sportives
Adonis Stevenson (à droite) a assuré qu’il cherchera à passer le K.-O. à son adversaire à la première occasion venue.
Photo: Jacques Boissinot
La Presse canadienne
Adonis Stevenson (à droite) a assuré qu’il cherchera à passer le K.-O. à son adversaire à la première occasion venue.
Derrière son air détendu, Adonis Stevenson est nerveux et il redoute l’issue du duel de samedi, pense son adversaire Sakio Bika.
 
À trois jours de leur combat de championnat du monde des poids mi-lourds du World Boxing Council au Colisée de Québec, les deux boxeurs ont rencontré la presse locale et posé pour les photographes mercredi. Les échanges se sont révélés courtois, polis, presque chaleureux.
 
Mais pour Bika (32-6-3, 21 K.-O.), le sourire et l’allure décontractée de « Superman » Stevenson dissimulent mal sa nervosité en prévision de l’affrontement. « Il est nerveux, il est nerveux, comme j’ai voulu dire, il a peur, il est sous pression », a déclaré à l’issue de la rencontre de presse le Camerounais installé en Australie. « Je ne sais pas s’il va résister à la puissance [de mes coups] et à la pression. »
 
Ancien champion du monde WBC des super-moyens (2013-2014), « The Scorpion » Bika tentera samedi après-midi de détrôner Stevenson (25-1-0, 21 K.), qui en sera à la cinquième défense de son titre mondial obtenu par mise hors de combat en 2013 à Montréal contre l’Américain contre Chad Dawson.
 
Terrain hostile
 
Bika sera en terrain hostile au Colisée, mais il insiste pour dire que cela n’aura aucun impact sur l’allure du combat. La pression repose sur le champion, a-t-il martelé. « J’ai boxé presque partout, au Japon, en Europe, aux États-Unis, en Afrique, aux quatre coins du monde. La pression ne me dit absolument rien, je suis un boxeur habitué à aller chez les gens à domicile », a affirmé en français l’aspirant.
 
« Il ne m’intimide pas, a-t-il ajouté. Il est un adversaire coriace, [mais] un adversaire que je vais mettre au sol ».
 
Seulement 3500 billets ont trouvé preneur jusqu’ici pour le gala de samedi. Sakio Bika est un boxeur talentueux et sympathique mais il n’a pas le panache de Sergey Kovalev, le tombeur de Jean Pascal qui pourrait affronter Stevenson pour l’unification des titres des mi-lourds à l’automne.
 
Mais avant d’en arriver à ce combat ultra lucratif, Stevenson devra disposer de Bika, qui affiche 250 rounds au compteur et n’a jamais été visité le tapis en carrière.
 
Devant les journalistes, « Superman » a assuré qu’il était dans un état de préparation optimal et qu’il cherchera à passer le K.-O. à son adversaire à la première occasion venue.« Je ne me mets aucune pression, je vise le K.-O. Si ça dure 12 rounds, ça ira à 12 rounds mais moi, je regarde pour le K.-O. : K.-O. sell ! », a-t-il lancé, reprenant à son compte la formule du défunt entraîneur auréolé Emmanuel Steward.
 
La pression et la nervosité ? Connais pas, a fait comprendre le boxeur québécois, renvoyant la balle à Bika. « C’est lui qui est vraiment nerveux parce que moi, je suis à l’aise, je suis bien, je suis préparé mentalement, physiquement, je n’ai aucun problème, a-t-il dit. Je ne sais pas à quand remonte le dernier K.-O. de Bika, à quelle année, mais ce n’est pas ça qui va m’impressionner bien bien. »
 
Coups bas
 
Plus tôt cette semaine, Stevenson a dit craindre des coups bas de la part du « Scorpion ». Ce dernier s’est vivement défendu de boxer de façon déloyale et il a mis les commentaires du champion sur le compte de la pression. « Je ne suis pas un boxeur salaud, je suis un bon boxeur mais mes adversaires n’aiment pas la pression. Quand ils disent que je suis un boxeur salaud, c’est qu’ils ont peur un peu de la pression, peut-être est-ce une excuse, un prétexte. Je mets la pression sur mes adversaires », a-t-il déclaré.
 
En demi-finale du gala, les amateurs auront l’occasion de revoir à l’oeuvre le Montréalais d’origine russe Artur Beterviev (7-0-0, 7 K.-O.), un solide cogneur de 30 ans qui combat dans la division des mi-lourds.
 
Classé au 7e rang du WBC, Beterviev sera testé par l’ancien champion WBA (2009-2010), l’Espagnol Gabriel « The Handsome Man » Campillo (25-6-1, 11 K.-O.). L’enjeu du combat est la 2e position au classement de l’IBF.
 
En décembre dernier, Beterviev avait infligé une raclée au 2e round à l’Américain Jeff Page fils, jusqu’ici invaincu en 15 combats.
 
Un autre Québécois, Kevin Bizier, tentera de renouer avec la victoire depuis sa deuxième défaite par décision partagée contre son compatriote Jo Jo Dan en décembre.
 
Bizier (23-2-0, 16 K.-O.) sera opposé au Français Fouad El Massoudi (12-4-0, 1 K.-O.)
 
Les principaux combats de l’après-midi seront diffusés gratuitement sur TVA Sports et CBS.