mardi, mars 31, 2015

Le retour inattendu de Nicole Vaidisova

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Le retour inattendu de Nicole Vaidisova
PHOTO D'ARCHIVES
Jessica Lapinsky
À 18 ans, Nicole Vaidisova était septième au monde. Deux années auparavant, elle avait percé le top 100, puis avait atteint la demi-finale de Roland-Garros à 17 ans et quelques semaines.
La Tchèque était un prodige. Elle marchait dans les pas de Maria Sharapova, championne de Wimbledon à 17 ans, grande et blonde comme elle, qui avait également appris son tennis à l’école de Nick Bollettieri. On les comparait, et en raison de son look, on la comparait aussi à Anna Kournikova, un refrain qu’a d’ailleurs entendu Eugenie Bouchard depuis ses débuts sur le grand circuit.
Son premier titre de la WTA, elle n’avait que 15 ans, trois mois et des poussières lorsqu’elle l’a enlevé. C’était à Vancouver, en 2004, face à l’Américaine Laura Granville, une fille de huit ans son aînée. Il s’agissait seulement de son troisième tournoi chez les professionnelles. Vaidisova devenait alors la sixième plus jeune joueuse de l’histoire à soulever un trophée de la WTA.
Dans le tennis moderne, c’est phénoménal. On n’avait plus vu d’athlète aussi précoce depuis la grande Martina Hingis, gagnante de cinq titres du Grand Chelem en simple.
Après son carré d’as à Roland-Garros, la Tchèque a réédité l’exploit en Australie l’année suivante. Quand on atteint deux fois les demi-finales d’un tournoi majeur à un si jeune âge, on a la vie devant soi. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’on ne le porte à bout de bras le convoité trophée.
La chute
Pour Vaidisova, l’histoire n’a pas connu une suite aussi heureuse. Aux séquences de victoires ont succédé des séquences de revers difficilement explicables. Après une excellente saison 2007, elle a amorcé une chute effrayan­te et inattendue. En 2008, entre Indian Wells et Roland-Garros, elle n’a remporté aucun match, encaissant cinq défaites de suite. Elle a glissé hors du top 20, puis du top 30. Fin 2009, à 20 ans, elle n’était plus que 187e.
La jeune raquette a joué son dernier match de la WTA à Memphis, en février 2010. Quelques semaines plus tard, elle tentait sa chance dans un ultime tournoi Challenger, mais après avoir perdu d’entrée face à la 484e mondiale, Heather Watson, elle décida de délaisser le tennis.
Pour de bon, croyait-on: à la lumière de ses récentes performances, elle n’avait plus la motivation pour remonter la pente ardue qui se présentait devant elle. On mettait en doute son entraîneur de longue date, son beau-père, Alex Kodat.
L’oubli
Puis elle s’est mariée avec un compatriote de 11 ans son aîné, Radek Stepanek, un joueur de tennis comme elle. Leur union a pris fin trois ans plus tard.
On l’avait un peu oubliée, Nicole Vaidisova. Elles sont nombreuses ces joueuses qui ont passé leur jeunesse à trimer dur sur les courts, qui ont «sacrifié» leur adolescence, puis qui, prématurément, ont rangé leur raquette dans l’espoir de renouer avec une vie normale.
Puis, le retour
On l’avait oubliée jusqu’à ce qu’elle s’inscrive à un tournoi Challenger, à la fin de l’année dernière. Un retour discret, loin des projecteurs, à Albuquer­que, au Nouveau-Mexique, où elle s’est inclinée à sa deuxième rencontre.
À bientôt 26 ans, elle a roulé sa bosse dans l’antichambre de la WTA, obtenant quelques bons résultats. Puis elle a accepté une invitation pour le tournoi de Miami, où elle a livré une bonne bataille à la troisième au monde, Simona Halep, avant de plier bagage.
Elle revient sans attentes tout en mentionnant au passage qu’elle n’en a jamais eu marre du tennis, comme l’avaient laissé croire les rumeurs de l’époque. «Je n’ai jamais dit que je ne jouerais plus, a-t-elle déclaré la semai­ne dernière. J’ai dû subir deux opérations à l’épaule, ce fut un long processus, amorcé il y a trois ans.»
Après avoir pris du temps pour vivre une vie «normale», après avoir suivi quelques cours universitaires de psychologie, voilà que le prodige renoue avec ses premières amours.
Sans la pression de la gloire attendue, cette fois.

L’as de la semaine

Les sœurs Williams
Quelque chose a changé chez les sœurs Williams. Elles ont renoué avec certains tournois qu’elles ne disputaient plus depuis des années, comme Montréal ou Indian Wells, et voilà qu’elles sont plus engagées à porter les couleurs de leur pays en Coupe Fed.
Après avoir qualifié les États-Unis pour le match de barrage du Groupe mondial, en février, Serena et Venus ont déclaré qu’elles souhaitaient affronter l’Italie le mois prochain. Les Américaines tenteront alors de retrouver leur place parmi les huit meilleures nations.
Les États-Unis, vainqueurs à 17 reprises en Coupe Fed, n’ont plus soulevé le trophée depuis 2000. Si les sœurs mettent la main à pâte, leur prochaine victoire n’est peut-être pas trop loin.

La double faute

Eugenie Bouchard
Le retour inattendu de Nicole Vaidisova
PHOTO D'ARCHIVES
Tatjana Maria n’est pas une mauvaise joueuse, peu importe ce que dit son classement. À ce niveau, il n’y a pas de mauvaises joueuses. Mais disons que ses principaux faits d’armes ont été réalisés sur le circuit ITF et qu’elle n’a jamais réussi de coups d’éclat sur la WTA.
Enfin, pas jusqu’à samedi, quand elle a battu Eugenie Bouchard en deux manches, servant même un 6-0 à la sixième favorite au «set» initial. Si Maria mérite de bons mots pour sa performance, «Genie», elle, mérite une bonne tape sur les doigts. Pour un deuxième tournoi de suite, la voilà éliminée par une joueuse largement à sa portée.
Mieux vaut que Bouchard se ressaisisse vite, car elle aura de précieux points à défendre au cours des mois à venir. Cela commence au tournoi de Charleston, la semaine prochaine.