mardi, mars 10, 2015

«C'est moi le nouveau quart-arrière des Blue Jays» -Russell Martin

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Publié par Charles Payette pour 98,5fm Sports le mardi 10 mars 2015 à 05h45. Modifié à 09h26.
«C'est moi le nouveau quart-arrière des Blue Jays» -Russell Martin
Russell Martin et sa nouvelle mitaine/98,5 Sports
(98,5 Sports) - Dimanche après-midi, par une autre splendide journée floridienne, les Blue Jays disputent un match de la ligue des pamplemousses devant une salle comble au stade de Dunedin.
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Mis en ligne le lundi 09 mars 2015 dans avec Jeremy Filosa
Le nouveau receveur de l'équipe Russell Martin obtient congé aujourd'hui, mais il observe attentivement le match sur l'écran géant dans le vestiaire du club.
«Je vais tourner le dos à l'écran pour faire l'entrevue, sans quoi je ne pourrai pas me concentrer sur tes questions», me dit-il le sourire en coin. Comme plusieurs receveurs, Russell est un passionné des détails du baseball. Il n'y a pas un seul aspect qui est laissé au hasard.
Du «français» dans le vestiaire
«Je vais prendre toute l'information possible pour que l'on puisse battre notre adversaire. Que ce soit les statistiques, les vidéos ou simplement l'étude visuelle de chaque joueur. Il n'y a pas nécessairement de statistique pour analyser la préparation d'un receveur pour chaque frappeur, mais moi j'aime cette partie du baseball.»
Martin affichait un grand sourire en voyant un autre Québécois entrer dans le vestiaire du club, il ne s'est pas gêné pour sortir son français. D'une voix suffisamment portante pour s'assurer que ses coéquipiers présents puissent l'entendre, il me lance ses hommages.
«Salut Jeremy, bienvenue dans notre vestiaire! Je me sens déjà de plus en plus à l'aise ici, c'est vraiment un bon groupe.»
Au même moment, le frappeur de puissance Jose Bautista passe par là et lance un retentissant «Tabarn....»!
«Qui t'a appris ça Jose ?», lui demandais-je. «C'est Russell et son ami Ivan Naccarata (un bon joueur d'avant-champ ayant oeuvré chez les Capitales de Québec et maintenant associé de Martin).
«Tu as appris autre chose que ça j'espère?». «Oui, me répondait-il, Mademoiselle!»
Un habitué des séries
L'ambiance est donc très bonne dans le vestiaire des Jays qui croient en leurs chances de finalement atteindre les séries cette saison.
Et Russell Martin a l'habitude de pousser ses équipes en séries. Il l'a fait avec les Dodgers et même avec les Pirates durant ses deux années à Pittsburgh. Les anciens grands rivaux des Expos n'avaient pas accédé aux séries avant son arrivée depuis plus de 20 ans.
Par ailleurs, depuis son départ des Yankees, les Bronx Bombers n'ont pas été en mesure d'y retourner.
«Je ne sais pas c'est quoi, mais je sens que je suis comme un quart-arrière. Au football, l'arrivée d'un nouveau quart-arrière peut tout changer dans une équipe. Je pense pouvoir avoir cet effet ici. Je vais étudier mes lanceurs à la loupe et je vais tout faire pour qu'ils puissent s'améliorer quand je suis derrière le marbre. Si je gagne leur confiance, la moitié du travail sera fait. Ça fait toute la différence quand tu as un lanceur qui croit en son receveur.»
«Attraper la balle papillon de R.A. Dickey, ce n'est pas un cadeau»
La semaine dernière Martin a eu la chance de capter les tirs du lanceur de balle papillon R.A. Dickey pour la première fois depuis le début du camp. Comme ç'a été bien rapporté dans les médias, Martin a échappé six de ses tirs, et ce, malgré sa nouvelle mitaine, faite sur mesure pour capter ce type de lancer.
«On dirait que les gens ne parlent que de ça depuis vendredi, rigolait-il. Ce n'est pas facile à capter. Je me place de côté derrière le marbre pour couvrir le plus d'espace possible. Dans le fond, ce qui est le plus important c'est que si la balle t'échappe, elle doit demeurer devant toi. Pour une raison que j'ignore, Dickey préfère que je ne lui montre pas de cible. Alors, je dois m'accoutumer à cela. Ce n'est vraiment pas conventionnel pour un receveur.»
Martin obtient de l'aide d'un autre receveur, Josh Thole, qui travaillait derrière le marbre l'an dernier pour la majorité des départs de Dickey.
«C'est un défi pour moi, j'ai le goût d'apprendre et de leur démontrer que je peux travailler ces matchs-là. Je ne sais pas si je serai d'office pour tous ses départs, mais je veux leur faire savoir que je suis une option.»
L'autre receveur Dioner Navarro espère toujours être échangé, lui qui a vu son poste être confié à Martin. L'organisation lui a fait la promesse de tenter de lui trouver un nouveau domicile. Chose qui n'a toujours pas été faite.
S'établir en tant que leader de l'équipe
«Belle performance Sanch... lançait-il au partant Aaron Sanchez qui venait d'entrer au vestiaire. Je t'ai regardé, tu avais de la bonne étoffe sur tes tirs. Bon travail!»
Sanchez a lancé trois manches, n'a rien donné de plus qu'un maigre but sur balles.
«Merci Russ, t'as raison, mes tirs avaient vraiment du mordant aujourd'hui», a répliqué le partant sur un ton satisfait.
Malgré la défaite de 1-0 des Jays, dimanche, ça n'a pas été suffisant pour effacer le beau sourire qu'affichait Martin tout au long de l'après-midi.
Le plus important pour lui à ce stade du camp c'est d'épier tous les faits et gestes de ses lanceurs dans le but de pouvoir les aider le plus possible dès le début de la saison.
Qui sait si Russell aura un jour la chance de devenir gérant dans le baseball majeur. Il semble avoir tous les atouts nécessaires pour poursuivre dans cette veine après sa carrière.
Son intelligence, sa compréhension du jeu, sa capacité d'anticiper le jeu, son désir d'aider ses coéquipiers et sa volonté de gagner à tout prix ne font aucun doute dans ce vestiaire.
Le prix à payer a été élevé pour les Jays, mais le receveur québécois semble déjà avoir conquis le coeur de ses nouveaux coéquipiers et de ses nouveaux patrons qui ne semblent pouvoir s'empêcher de sourire lorsqu'ils parlent de leur nouveau joueur étoile.
Jeremy Filosa / 98,5 Sports